jeudi 31 octobre 2013

Looking for Bill M.



Chiang Sen, première rencontre avec le Mékong.
La ville est somnolente mais les abords du fleuve, déserts ou transformés en terrasses nomades à l'heure vespérale ont un charme certain.
A quelques km, le sulfureux triangle d'or s'est transformé en lieu de promenade familiale.
Sur le fleuve, des pirogues traversent vers le Laos et d'immenses barges partent vers la Chine.


mercredi 30 octobre 2013

Dreaming of Bill M.


Sorry, I don't know who drew this but I guess we do have things in common.

lundi 28 octobre 2013

Sur le chemin de l'école



Sur le chemin de l'école chinoise, les enfants jouent à se faire peur en me pointant du doigt, il y en a toujours un(e) qui joue les héros et me dit bonjour ou me salue les yeux dans les yeux, tandis que derrière les autres gloussent en guettant ma réaction. Quand je réponds, certains s'enfuient en éclatant de rire, d'autres viennent tour à tour tenter leur chance.
Sur le bas-côté, des femmes de tous âges portent sur leur tête de lourds paniers de fruits ou de leur artisanat jusqu'au marché. Certaines viennent de loin, de plus haut. Elles referont le même chemin au retour, et le lendemain. Elles avancent assez lentement: on arrive quand on arrive, on repart quand on repart.
Ca se défend.

mercredi 23 octobre 2013

swinging lady (listening to Bill M?)


Tous es jours sur sa balancelle, le coucher du soleil lui faisait comme une aura angélique. Elle écoutait son mp3 que pouvait-il bien lui murmurer Avait-elle le Graal?
Quoi qu'il en, moi qui suis déjà peu réceptive à l'ennui (sauf au boulot des fois mais ça compte pour du beurre), j'ai trouvé mon maître yoda.

Mae Salong
Thaïland

dimanche 20 octobre 2013

Let's talk about hatred, baby.



Après, deux jours de pluie battante.
Même pas mal, je lis sans interruption ce livre glaçant et implacable. Une fois fini, je le recommence. Naît-on psychopathe? Le devient-on? Qui croire quand tout n'est que ressenti(ment)?
Le seul inconvénient? Ma chambre est en haut d'une montagne au bout du monde mais pile devant le parking des scooters (préparatifs du marché: 3h du mat/ retours de bringue: à toute heure).


samedi 19 octobre 2013

Hand-dried


Le lundi, c'est jour du blanc.
Le mardi c'est la couleur.
Mercredi le noir.
Et jeudi, c'est saucisse.

Mae Salong, Thaïland

mercredi 16 octobre 2013

(almost) Singing in the rain





"Ouais, le ciel est un peu gris, mais je suis pas en sucre, je ne vais quand même pas me laisser impressionner par deux-trois nuages".
Et c'est parti pour une randonnée éblouissante, genre Antoine de Maximy à côté c'est un petit joueur.
Vers 16h, outre le soir qui tombe, les nuages s'obscurcissent. C'est dommage, parce que le sentier qui va vers la forêt, il me tente bien. "Allez, soyons raisonnable, j'irai demain" me dis-je, en tournant les talons à contre-coeur.
A 16h20, les nuages deviennent vraiment noirs. Vraiment. Je me prépare psychologiquement à me prendre une saucée avec d'éventuels coups de tonnerre et de foudre qui font ping-pong dans les montagnes. Un monsieur me propose de me ramener en scooter, mais à l'époque, je n'avais pas encore fait mon baptême avec Angélina, et je préfère avoir une chance de survivre mouillée, que de mourir au sec.
J'accélère les pas, rentre le cou dans les épaules et poursuis mon chemin. C'est incontestable, des gouttes se mettent à tomber. Même pas mal, je suis trop une aventurière.
Un pick up me dépasse, qui ralentit à deux mètres de moi. Le conducteur me fait signe de grimper à l'arrière. En langage corporel, je lui témoigne une reconnaissance éperdue. Bon, j'ai un peu du mal à grimper, rapport aux sacs entassés, et en me passant la main dans les cheveu, je me fais une peinture de guerre à la terre rouge (et d'autres trucs sûrement, mais j'aime autant pas savoir quoi).
Comme tout véhicule à moteur asiatique, le pick up roule plein pot et fait des sauts. Mon extase n'a pas de limite. On arrive au bas du village, où les habitants sont hilares et me font de grands signes de la main. Je comprends tout à fait ce que les Bleus ont ressenti sur les Champs Elysées.
Le conducteur me dépose à deux pas de l'auberge, alors que l'averse tonitruante démarre. Je le remercie dans toutes les langues que je connais.
Après, il a plu non-stop pendant deux jours, mais comment garder un mauvais souvenir de cet endroit?

Mae Salong
Thailande

lundi 14 octobre 2013

Looking for Bill M.


 Mae Salong, tout en haut des montagnes - quelques heures de taxi-bus en pleine chaleur, vapeurs de diesel et possibles coups dans ma côte fragile: une merveille.

Un tout petit hameau essentiellement chinois, entouré de minuscules villages Akha.

Le marché traditionnel et les vieilles dames aux gencives noires, le pick-up rempli des femmes en grande tenue pour le mariage - pampilles, colliers et bracelets d'argent, haut chapeau noir et jupe colorée.



D'un côté, les familles construisent les maisons des jeunes couples à mains nues. De l'autre, des tigres en stuc un brin criards veillent au repos des morts.

Mae Salong
Thailande

samedi 12 octobre 2013

Anywhere Bill M. could be.


 restaurant associatif, qui vise à rendre les préservatifs aussi simples d'accès que les choux...

Quand t'es vraiment contente de trouver des toilettes publiques, tu danses comme une diva du disco.

Chiang Rai
Thailande

vendredi 11 octobre 2013

Not everyone's Bill M.

J'ai été frappée, durant ce voyage au long cours, de retrouver les mêmes personnes très souvent. Un couple d'Allemands, croisés tout au long de la Thaïlande et du Laos, et revus un mois plus tard, en Malaisie, sur une île minuscule. On s'est jamais dit autre chose que bonjour, façon voisins de palier (je veux dire, voisins de palier normaux, pas les miens)
Des fois, c'est rigolo. Angelina par exemple, une Napolitaine aventurière et photographe m'a initiée au siège passager du scooter (si, sur le pont en bambou fait main, ça passe, t'as juste à te tenir qu'elle me disait)
. Sur un sentier, dans un champ, près du bus: on se tombait dessus sans prévoir.
D'autres fois, c'est rigolo aussi, mais pas pareil. Disons: on se doute qu'un jour on va trouver ça rigolo mais sur le moment, on a juste un peu envie de mourir.

J'en veux pour preuve: le mec de 3e catégorie.
A la pension d'Ayutthaya (hamac, bullage, nouvel an chinois, émerveillement quotidien), un Québécois un petit peu jeté avait décidé, dès la première visite fluviale des alentours que, comme il n'y a pas de hasard (c'est bien connu), notre rencontre était écrite. De toute évidence, il était plus balèze en théories karmiques qu'en décryptage de langage corporel, lequel signalait assez clairement que je ne connais que deux sortes de Québécois: ceux avec qui c'est tout de suite et maintenant, et ceux avec qui c'est jamais; et qu'il appartenait sans aucun doute possible à la 2e catégorie. À Ayutthaya, j'ai réussi à l'épuiser. Il a souhaité m'accompagner dans une balade à pieds où je serais son guide, en insistant bien sur l'ambivalence du mot 'guide' (humour de 2e catégorie). Il n'avait aucune idée que je suis increvable à ce jeu là:  mon sens de l'orientation déplorable est compensé par une endurance peu commune pour la marche soutenue. Il est revenu en boitillant (à cause des ampoules et quelques contractures musculaires), quand j'étais prête à ressortir voir les spectacles de rues après une bonne douche et un soda caféiné. Le lendemain il m'a dit qu' il préférait me laisser seule pour "ne pas empiéter sur ma liberté et mon indépendance". Après, nos chemins allaient se séparer, c'est la dure loi du voyage tout ça tout ça, mais une rencontre peut changer une vie et si on devait se recroiser (je partais à Sukothai un jour avant lui), pourquoi ne pas envisager, à l'occasion, de partager une chambre, en tout bien tout honneur, histoire de diviser les frais.Bon, mais à l'occasion alors.À Sukothai, je l'ai aperçu mais ce ne fut pas réciproque. Sans doute parce qu'il n'y a jamais de hasard et que même le destin sait qu'il ne peut rien contre une deuxième catégorie.Une dizaine de jours plus tard, le temps et les kilomètres ayant passé, j'avais oublié l'énergumène et alors que je me rendais pour la dernière fois au bazar nocturne de Chang Raï, prête à savourer la nostalgie précoce de l'ultime balade, j'ai entendu un grand "Amélie, eh, Amélie".
Non?
Si.
Il avait repéré la mascotte qui ne quittait jamais mon sac à dos.
Allégresse.
Il m'a donc invitée à partager un verre avec lui, m'expliquant que, c'était marrant mais pas tant que ça, vu qu'il n'y a jamais de hasard, et qu'il pensait justement à moi à l'instant. Et en plus il n'avait pas oublié mon prénom, ce qui prouvait bien que j'étais importante. Comme je lui signalais que oui certes, à ceci près que je m'appelle Mélanie et non Amélie, il m'a assuré que j' avais dû mal entendre, qu'il m'avait appelée Mélanie. Me voyant un tantinet sceptique, il a décidé de me donner du "petite coquine" sur fond de rire asthmatique.

C'est là que j'ai compris mon erreur. Ce type n'appartenait pas du tout à la catégorie 2 (ni à la première, je vous rassure). Ce type était une catégorie 3 à lui tout seul. Et l
e meilleur était encore à venir. Car voilà-t-y pas qu'il me demande si j'aime ça écouter de la musique (c'est à peu près aussi audacieux que de demander si tu trouves ça mignon, les bébés pandas...). Parce qu'il me ferait bien écouter des trucs sur son iPhone.Là, je le reconnais, j'ai manqué de vigilance, en répondant "mouais, pourquoi pas, mettons".
Grossière erreur parce que, pour bien écouter la musique sur l'i-phone, il faut se servir de la petite enceinte. Et la petite enceinte, on la branche sur une prise de courant. Dans une chambre. Il a cru bon d'ajouter: " de toutes façons avec moi, tu sais bien qu'il n' y a pas de danger". Je me suis retenue de lui dire que c'était précisément ce que j'étais en train de penser (pas de hasard...). Je me suis donc retrouvée assise sur le parquet, follement détendue ("t'es sûre que tu veux pas t'asseoir sur le lit?" "yep, méga sûre" " j'aime bien comme t'es, naturelle" " oui, et proche de la sortie, dingue hein"). Et là, il m'a annoncé: faut que t'écoutes ça, il est au sommet de son art.

TROIS CHANSONS D'ALLAN STIVELL!!!

C'est là que le fou rire intérieur a commencé. En raclant ma mémoire des années Francofolies, j'ai surenchéri: "tu connais Julos Beaucarne? et Angelo Branduardi, tu connais Angelo Branduardi?"
 Il a noté les noms.
Après, j'ai expliqué que c'était pas tout ça mais que j'avais mon sac à m'occuper en restant trèèèèès vague sur ma destination prochaine. Il a tenu à me raccompagner à mon hôtel et malgré les hurlements un tantinet malpolis de mon langage corporel, m'a serrée dans ses bras. Comme le hasard a ses limites, surtout quand on est sur ses gardes (on évite toutes les pensions mentionnées dans le Lonely Planet pendant quelques temps), ce fut notre dernière rencontre. Mais en un sens, il n'avait pas tort: c'était inoubliable.


vendredi 4 octobre 2013

At the top of the hills.

 Savoir où l'on va, c'est important.







Au milieu des plantations de thé, quelques discrets tombeaux.

 Ma chambre dans la jungle, au dessus de la pièce commune et son unique télé.


le cadeau d'Ah-Me

Akha Hill, Chang Rai